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Par Mylenium Arte |
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Le 15/09/09 à 10:37:21 |
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Dernière modification le 08/06/10 à 11:44:59 |
Le peintre Egon Shiele, dont l'œuvre est chère à Mylène Farmer, est né à une époque charnière. Sa carrière débute en même temps que le XXe siècle. Cette période est riche en bouleversements artistiques et politiques.
De son nom complet: Egon
Leo Adolf Schiele est né le 12 juin 1890, à Tulln, près de Vienne en Autriche.
Adolf Eugen Schiele, son père, travaille dans les chemins de fer autrichiens en tant que responsable de station. Sa mère Marie, née Soukoup (1862/1935) est originaire de
Krumau, une petite ville de la Bohème du sud. Egon a trois sœurs : Elvira (1883/1893), Melanie (1886/1974) et Gerti (1894/1981) qui épousera le peintre Anton Peschka, son ami.
1896: Il suit l'école primaire à Tulln. Son talent pour le dessin s'affirme et s'affine, il est passionné par le chemin de fer qu'il dessine avec minutie, son père le voit déjà ingénieur. Tulln étant dépourvu de lycée, Egon Schiele est envoyé en 1901, d'abord au lycée scientifique de Krems, puis au lycée religieux de Klosterneuberg afin d'y poursuivre ses études.
1904: Le père part
en ce que l'on appelle aujourd'hui "préretraite", suite à une maladie grave. Toute la famille rejoint Egon à Klosterneuberg.Le 1er janvier1905, son père meurt. Egon souffre de sa disparition,
c'est le premier grand drame de sa vie. Il trouvera un réconfort plus auprès de ses sœurs que sa mère qu'il juge froide et distante
Pourtant sa mère croit en son talent et favorise en 1906 contre l’avis de son tuteur, Leopold Czihaczek, son frère, son inscription dans la classe de Christian Griepenkerl à l’Académie des
Beaux-Arts de Vienne.
Schiele peint un grand nombre de tableaux, parmi lesquels figurent les premiers autoportraits.
1907: Rencontre d'Egon Schiele et de Gustav Klimt, Cette date marque le début d'une amitié et d'une fascination réciproque. Schiele subit l’influence du style de son ami et de la Sécession
viennoise.
Les influences de Hodler, Van Gogh, et Georges Minne joue aussi un rôle déterminant dans l'élaboration de son style.
Schiele réalise des conceptions de vêtements pour hommes,des chaussures de femmes, et des cartes postales pour la Sécession viennoise.
Il participe pour la première fois à une exposition au Kaisersaal de Klosterneuburg en 1908.
Invité en 1909 , Schiele
participe à la deuxième "Kunstschau" de Vienne.
Cependant les conflits avec son professeur Griepenkerl le forceront à abandonner l'Académie. Il crée avec quelques camarades un nouveau groupe artistique, la "Neukunstgruppe" ou groupe de l'art
nouveau : première exposition de la «Neukunstgruppe» à la Galerie Pisko
Il peint le portrait de sa sœur : Portrait de Gerti Schiele.
Egon fait la connaissance d’Arthur Roessler, critique d'art qui deviendra son biographe puis des collectionneurs Carl Reininghaus et Oskar Reichel.
1910 : Sur
recommandation de l'architecte Otto Wagner il fait des portraits des personnalités de la vie culturelle viennoise.
Il peint un grand nombre de nus expressifs, en trouvant son propre style.
Egon travaille à Krumau avec Erwin Osen décorateur de théâtre
Premiers poèmes.
Il fait la connaissance d’Heinrich Benesch dont la famille lui témoignera toujours une constante amitié.
Au cours d'un voyage à
Munich,en 1911, il devient membre du cercle "Sema", une association d'artistes munichois à laquelle appartiennent Klee et Kubin.
ll sera obligé de quitter Krumau pour s'établir à Neulenbach en raison de son concubinage avec son modèle Valérie Neuziel, dite Wally.
Il noue des relations avec le marchand d’art Hans Goltz, il exposera en 1913 dans sa galerie à Munich.
Premières publications sur Egon Schiele par Albert P. Gutersloh et Arthur Roessler.
1912: Il expose à
Vienne, Munich et Cologne.
Du 13 avril au 7 mai, Egon fait quelques jours de détention préventive à Neulengbach, à la suite du procès de Sankt Polten, sous l'inculpation de détournement de mineurs, de viol et d'immoralité
publique.
Il se voit confisquer quelques-uns uns de ses dessins érotiques, qui l'ont conduit à la condamnation pour distribution de dessins immoraux.
Au cours de sa détention, il réalise de nombreux dessins sur le thème de l’emprisonnement. L'esprit rebelle qu'il incarne se manifeste au cours de ces circonstances difficile. Ainsi le 23 avril
1912, il écrit sur l'un de ses dessins cette phrase grandiloquente: "Entraver l'artiste est un crime, c'est assassiner la vie dans l'œuf." Le 24 avril, sur une autre de
ses réalisations, il porte l'inscription: "J'aime les contradictions."
La plainte pour enlèvement et incitation à la débauche sera retirée, il sera néanmoins
condamné à 3 jours de prison
Il retourne chez sa mère puis emménage dans un nouvel atelier à Hietzing.
1913: Egon Schiele entre
dans le Bund Osterreichischer Kunstler, il multiplie les autoportraits et les études d'hommes nus ou à moitié vêtus.
Il participe à plusieurs expositions à Budapest, Cologne, Dresde, Munich, Paris et Rome.
Il collabore à la revue Die Aktion publiée par Franz Pfemfert.
1914: Schiele fait
la connaissance des sœurs Harms, Adèle et Edith, qui habitent la rue où se trouve son atelier à Vienne
Il expose à Rome, Bruxelles, Paris.
Il échoue au concours organisé à la galerie Miethke à Vienne où il a présenté son œuvre "Rencontre"
Il réalise une série de portraits photographiques avec le photographe et peintre Anton Josef Trca..
Il peint "la Ville jaune".
En Août, c'est déclaration de la Première Guerre mondiale.
Après une liaison de quatre ans, Schiele se sépare de Valérie Neuzil, et peint la Jeune Fille et la Mort* où il avoue sa dette pour Wally à qui il a renoncé pour épouser Edith.
Le 17 juin1915, il épouse Edith Harms.
Il est mobilisé à Prague, puis à Vienne.
1916: Ses participations
à des expositions sont nombreuses, en particulier dans le cadre de la Wiener Kunstschau.
La revue Die Aktion publie un numéro spécial sur Schiele.
Il est affecté comme secrétaire à Mühling, dans le sud de l’Autriche.
1917: Il est de nouveau muté à un service d'intendance à Vienne ce qui lui permet de s'installer de nouveau dans son atelier de Hietzing et de reprendre contact avec la vie artistique.
Il projette de créer une association d’artistes, une Kunsthalle, un lieu où les créateurs et le public pourraient se rencontrer "pour œuvrer à un avenir plus serein et palier aux
carences des politiciens..."
Pour Egon Schiele c'est le temps de
la reconnaissance : le libraire Richard Lànyi imprime un portfolio de 12 héliogravures d’après ses dessins, le directeur de la "Galerie Moderne" institution d'Etat lui achète un ensemble de
dessins.
Il participe à des expositions d’art autrichien dans des pays neutres.
1918: il
peint La Famille qui caractérise particulièrement l'évolution vers une représentation des corps moins torturés et fragiles, ce tableau sera considéré comme le
testament de l'artiste.
Schiele est muté au musée de l’armée de Vienne.
En mars il rencontre le succès, lors de la 49e exposition de la Sécession, dont il a réalisé l’affiche, il y présente dix neuf tableaux et une douzaine de dessins qu'il réussit à vendre.
Cette réussite, son activité créatrice, les honneurs et la disparition de Klimt, le 6 février, font de Schiele le chef de file des peintres autrichiens
Importantes participations dans des expositions à Zurich, Prague et Dresde. Les demandes de portraits se multiplient, il reprend la réalisation de paysages...
Le 28 octobre, au sixième mois de sa grossesse, sa femme Edith décède de l'épidémie de grippe espagnole qui frappe alors l'Europe.
Trois jours plus tard, le 31 octobre, Egon Schiele meurt lui aussi, également touché par la pandémie. à l'âge de 28 ans.
Le personnage d'Egon Schiele fait partie intégrante de l'histoire sociale autrichienne: De part sa manière particulière de penser et bien sur à travers ses œuvres. Shiele ne pouvait pas plaire à tout le monde, tant mieux, cela est même rassurant de constater que des acteurs de la vie artistique (ou autre) se différencient de leurs concitoyens par leur vision de la société dans laquelle ils évoluent. Il faut rappeler la période extrêmement difficile que traversait l'Europe en 1918: La mortalité due à la première guerre mondiale, la chute de l'empire austro-hongrois à l'automne priva la cour, la haute bureaucratie, le noblesse de leur position "prestigieuse" voire privilégiée vis à vis de la majorité de la population. Les citoyens patriotes qui avaient converti leurs économies en emprunts de guerre les perdirent. Avec les changements de systèmes politiques, les famines, le froid, les épidémies, il n'est absolument pas étonnant que les valeurs traditionnelles "bien pensantes" aient vacillé et qu'une aspiration révolutionnaire ai pu s'emparer d'une grande partie de la population. Shiele, rattrapé par la maladie, n'a pas pu aller bien loin sur ce chemin épris de liberté. En outre, des hommes de lettres fréquentant des cafés comme Franz Blei, Franz Werfel et Albert Paris-Gütersloh ont pu devenir révolutionnaires peut être temporairement.
*La jeune fille et la mort: Thème, traité par Shiele en 1915, également en 1517 par l'œuvre du même nom du peintre allemand Hans Balden Grien, aussi par son compatriote Niklaus Manuel Deutsch, la même année...
SHIELE: LA JEUNE FILLE ET LA MORT (1915)
DEUTSCH: LA JEUNE FILLE ET LA MORT (1517)